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Préparer et financer son installation en pharmacie d’officine

S'installer à son compte est une étape majeure dans la carrière d'un pharmacien. Qu'il s'agisse d'une première installation ou non, la réussite du projet repose sur une préparation rigoureuse : bien définir ses objectifs, évaluer ses capacités financières et identifier les bons leviers de financement. Voici les premières démarches à anticiper.

  1. Comment définir son projet d'installation ?
  2. Comment évaluer ses capacités financières d'achat ?
  3. Que faire si son apport n'est pas suffisant ?
  4. Focus sur le fonds InterPharmaciens

Comment définir son projet d'installation ?

S'installer n'est pas qu'une opération financière : c'est avant tout un projet de vie professionnelle. Avant de consulter les annonces de cession, le futur titulaire doit prendre le temps de clarifier ses motivations et ses attentes. C'est cette réflexion préalable qui donnera une cohérence à toute la démarche : un projet bien défini permet de cibler les bonnes officines, de gagner du temps face aux cédants et aux banques, et d'éviter de se disperser sur des opportunités qui ne correspondent pas réellement à ses objectifs.

Que ce soit pour une première installation ou pour un rachat ultérieur, il est donc essentiel de se poser les bonnes questions afin de bien cadrer son projet.

Clarifier ses motivations et ses objectifs

La première étape consiste à mettre des mots sur ce que l'on recherche vraiment. Plusieurs questions méritent d'être posées :

  • Pourquoi est-ce que je souhaite m'installer ? Indépendance, projet entrepreneurial, développement de nouvelles missions, qualité de vie… Les motivations orientent tout le reste du projet.
  • Où est-ce que je souhaite m'installer ? Suis-je mobile ? La zone géographique conditionne à la fois le prix d'acquisition, le potentiel de l'officine et votre cadre de vie.
  • Quelle typologie de pharmacie je recherche ? Centre-ville, rurale, centre commercial, station balnéaire… Chaque typologie a sa propre patientèle, sa saisonnalité et son modèle économique.
  • Quels revenus j'attends de mon installation ? Définir un objectif de rémunération réaliste permet de calibrer la taille de l'officine à viser et le montage financier à prévoir.
  • Est-ce que je souhaite m'installer seul(e) ou en association ? L'exercice individuel offre plus d'autonomie ; l'association permet de mutualiser l'apport, les risques et la charge de travail.
  • Quels domaines souhaiterais-je développer dans mon officine ? Orthopédie, maintien à domicile (MAD), phytothérapie, micronutrition, nouvelles missions du pharmacien… Vos axes de développement influencent le type d'officine à rechercher.

Faire le lien entre projet personnel et projet d'entreprise

Les réponses à ces questions ne sont pas un simple exercice théorique : elles constituent la feuille de route de toute votre installation. Elles déterminent la typologie d'officine à cibler, le budget à mobiliser, le mode d'exercice (seul ou en association) et même la stratégie de développement à mettre en place une fois l'officine reprise.

Un projet flou conduit souvent à des erreurs coûteuses : se positionner sur une officine inadaptée à ses moyens, sous-estimer le temps de travail réel, ou découvrir trop tard que l'emplacement ne correspond pas à ses ambitions. À l'inverse, un projet clairement défini permet d'aborder les étapes suivantes — évaluation des capacités financières, recherche de l'officine, analyse comptable — avec une grille de décision solide et une vraie réactivité face aux opportunités.

BON RÉFLEXE :

formalisez votre projet par écrit (zone visée, typologie, budget, mode d'exercice, axes de développement). Ce document servira de base de discussion avec votre expert-comptable, votre banque et les cabinets de transaction — et vous évitera de vous éparpiller.

Comment évaluer ses capacités financières d'achat ?

Bien que l'opération soit généralement financée par un emprunt bancaire sur une durée d'environ 12 ans, le futur titulaire doit obligatoirement apporter une somme personnelle pour acquérir l'officine convoitée. Cet apport personnel correspond à une somme d'argent directement disponible.

C'est aussi un gage de motivation et de prise de risque personnel aux yeux du banquier. Ce dernier, en tant que prêteur sur gage, ne financera en principe jamais au-delà de la valeur du fonds de commerce. C'est pourquoi l'apport doit financer tous les frais sans valeur à la revente (soit environ 10 à 20 % de l'opération).

Cet apport se répartit entre deux postes :

  • Le capital social de la société : cette somme ne peut être récupérée qu'une fois la société vendue,
  • Le compte courant d'associés : cette somme peut être récupérée nette d'impôt à tout moment, lorsque la société dégage suffisamment de trésorerie. À noter : dans le contrat de prêt, les banques bloquent généralement les comptes courants d'associés, sauf réserves équivalentes.

À RETENIR :

quelle que soit la forme juridique de la société, un apport personnel compris entre 10 % et 20 % du prix de l'investissement est généralement requis.

Que faire si son apport n'est pas suffisant ?

Un apport limité ne signifie pas qu'il faut renoncer. Une affaire de petite envergure, à première vue peu attractive, peut receler un vrai potentiel : le pharmacien pourra capitaliser par l'épargne, c'est-à-dire via les rémunérations qu'il s'octroiera. Ce capital pourra ensuite lui permettre de se lancer, plus tard, vers une officine de plus grande envergure.

Il faut donc se méfier de l'idée reçue selon laquelle seules les associations dans les grosses pharmacies auraient de l'avenir. Si votre apport n'est pas suffisant, plusieurs possibilités existent :

Focus sur le fonds InterPharmaciens

Le fonds InterPharmaciens est un dispositif dédié aux jeunes pharmaciens, biologistes et officinaux. Il vise à :

  • favoriser une transmission intergénérationnelle, en toute indépendance ;
  • assurer le renouvellement des générations ;
  • contribuer au maintien du maillage territorial des laboratoires de biologie médicale et des officines, et donc au service rendu à la population.

Concrètement, ce fonds complète, sous la forme d'un financement subordonné, le plan de financement des jeunes pharmaciens qui ne peuvent réunir seuls la totalité de l'apport nécessaire.

Comment fonctionne le financement ?

  • Il prend la forme d'un complément d'apport de 100 000 € à 500 000 € ;
  • Le montant maximum ne peut excéder 3 fois le montant de l'apport (l'apport minimum étant de 33 334 €) ;
  • Le taux d'intérêt annuel fixe est de 2,95 % ;
  • Le remboursement du capital ne débute qu'à partir de la 13ᵉ année (après le remboursement bancaire), en 3 annuités égales (1/3 en 13ᵉ, 14ᵉ et 15ᵉ année). Un remboursement anticipé est possible dès la 9ᵉ année.

Quels documents fournir ? Une fois l'offre d'acquisition acceptée par le cédant, le fonds donne un avis d'éligibilité sous environ deux semaines, sur la base des éléments suivants :

  • le CV du repreneur ;
  • les 3 derniers bilans de l'officine reprise ;
  • l'offre d'achat contresignée par le cédant ;
  • un prévisionnel réalisé par un expert-comptable indépendant, incluant le complément d'apport demandé.

Une étude approfondie est ensuite menée (répartition du CA et des marges, bulletins de salaires, visioconférence de présentation du projet) pour aboutir à un accord de financement sous 2 à 3 mois.

➡️ Étape suivante : une fois votre projet et votre financement cadrés, place à la recherche de l'officine. Découvrez comment trouver et analyser une pharmacie à reprendre.

Si vous avez connaissance d’autres détails ou si vous souhaitez que nous abordions d’autres sujets, contactez-nous.

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