Dernière mise à jour Février 2026
Vous êtes pharmacien ou préparateur en pharmacie et le statut de freelance vous attire ? Être plus libre dans son organisation, multiplier les expériences, développer une activité complémentaire… L’idée peut séduire. Mais dans un secteur fortement réglementé comme celui de l’officine, ce statut soulève de nombreuses questions.
Entre opportunités professionnelles et cadre légal strict, voici ce qu’il faut savoir avant de se lancer.
- Le statut de micro-entrepreneur
- L’exercice officinal face au statut indépendant
- Obligations professionnelles et responsabilités
- Avantages et limites du statut pour les professionnels officinaux
- Faire appel à un micro-entrepreneur en officine : enjeux pour le pharmacien titulaire
- Le regard de l’Ordre des pharmaciens sur la micro-entreprise
Le statut de micro-entrepreneur
Le régime de la micro-entreprise permet d’exercer une activité professionnelle indépendante, en créant une entreprise individuelle bénéficiant d’un fonctionnement simplifié sur les plans administratif, social et fiscal.
Concrètement, la création du statut se fait entièrement en ligne et les formalités sont réduites. Les cotisations sociales sont calculées directement en fonction du chiffre d’affaires déclaré, avec un paiement mensuel ou trimestriel auprès de l’URSSAF.
Parmi les principales caractéristiques du régime :
- la gestion administrative est simplifiée par rapport à une société classique ;
- les charges sont proportionnelles aux recettes ;
- la TVA n’est pas applicable tant que le chiffre d’affaires reste sous certains seuils ;
- le chiffre d’affaires annuel est plafonné pour les activités libérales.
Depuis 2016, le statut d’auto-entrepreneur a été remplacé par celui de micro-entrepreneur, même si les deux termes restent souvent utilisés de manière interchangeable.
L’exercice officinal face au statut indépendant
Tout dépend de l’activité exercée !
La compatibilité entre micro-entreprise et métiers de la pharmacie dépend avant tout de l’activité exercée.
Les missions réglementées par le Code de la santé publique – délivrance d’ordonnances, conseils pharmaceutiques au comptoir, entretiens pharmaceutiques ou participation directe à l’activité officinale – ne peuvent pas être réalisées sous statut de micro-entrepreneur. Pharmacien adjoint et préparateur en pharmacie exercent en effet sous l’autorité du pharmacien titulaire, dans un cadre salarié qui implique un lien de subordination.
Dans les conditions d’exercice classiques, ils ne peuvent donc pas intervenir comme indépendants pour ces missions.
Certaines activités périphériques peuvent toutefois être envisagées sous forme de prestations indépendantes : animation commerciale en dermo-cosmétique, interventions en nutrition ou aromathérapie, gestion spécifique du tiers-payant ou actions ponctuelles de conseil hors cadre officinal strict.
Un point de vigilance important : même lorsqu’un professionnel exerce parallèlement une activité salariée en officine, il ne doit pas se déclarer en tant que « pharmacien » ou « préparateur en pharmacie » lors de la création de sa micro-entreprise, mais en fonction de la nature réelle de ses prestations.
Pour des missions annexes
Le statut de micro-entrepreneur peut être adopté pour des missions différentes : entretiens en nutrition, en aromathérapie, animations en rayon dermo-cosmétique ou sur les compléments alimentaires, gestion exclusive du tiers-payant, etc.
Obligations professionnelles et responsabilités
Créer une micro-entreprise implique des obligations administratives précises. Une fois immatriculé, le professionnel doit déclarer ses recettes (même lorsqu’elles sont nulles) sur le portail dédié et s’acquitter de ses cotisations sociales. Tout se fait sur le portrail autoentrepreneur.urssaf.fr.
Chaque prestation réalisée doit faire l’objet d’une facture mentionnant notamment :
- les coordonnées complètes du prestataire et du client ;
- le numéro de SIREN ;
- le détail des prestations ;
- la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
Le micro-entrepreneur doit également tenir un livre des recettes et conserver ses justificatifs.
Sur le plan social, il est important de rappeler que ce régime ne prévoit pas de cotisation à l’assurance chômage. Les revenus peuvent donc varier fortement selon l’activité.
Dans le domaine de la pharmacie, s’ajoutent des obligations déontologiques spécifiques, notamment en matière de responsabilité professionnelle et de respect du cadre réglementaire.
ATTENTION
Positionnez-vous en tant que conseiller en aromathérapie, gestionnaire de tiers-payant ou animateur en dermo-cosmétique. Ne vous déclarez pas comme « pharmacien » ou « préparateur en pharmacie », même si vous êtes titulaire de l’un de ces diplômes et même si vous les exercez en parallèle en tant que salarié.
Avantages et limites du statut pour les professionnels officinaux
Le régime de la micro-entreprise présente plusieurs atouts qui expliquent son attractivité :
- une grande souplesse d’organisation ;
- la possibilité de diversifier ses expériences ;
- une gestion simplifiée de l’activité ;
- une autonomie accrue dans le choix des missions.
Cependant, ces avantages s’accompagnent de limites qu’il convient d’anticiper :
- des revenus potentiellement irréguliers ;
- une protection sociale différente de celle d’un salarié ;
- une responsabilité personnelle plus importante ;
- un cadre réglementaire strict dans le secteur de la santé.
Avant de se lancer, il est donc essentiel d’évaluer si ce modèle correspond réellement à son projet professionnel.
Faire appel à un micro-entrepreneur en officine : enjeux pour le pharmacien titulaire
Pour un pharmacien titulaire, collaborer avec un micro-entrepreneur peut présenter un intérêt dans certaines situations : dynamiser une offre de services, organiser des animations spécifiques ou faire intervenir une expertise ponctuelle.
Le fonctionnement peut sembler attractif : peu de formalités administratives, une facturation simple et une grande flexibilité dans l’organisation des prestations.
Toutefois, des risques existent si le cadre légal n’est pas respecté. Le micro-entrepreneur ne doit pas occuper un poste correspondant à celui d’un salarié de l’officine ni participer aux missions pharmaceutiques réglementées. L’absence de lien de subordination doit être réelle.
En cas de contrôle ou de litige, une collaboration mal encadrée pourrait être requalifiée en contrat de travail, avec des conséquences financières importantes pour l’employeur.
Le regard de l’Ordre des pharmaciens sur la micro-entreprise
L’Ordre des pharmaciens n’a pas vocation à contrôler directement le mode de rémunération des professionnels inscrits à son tableau. Un pharmacien peut donc être inscrit même s’il exerce dans une structure dont il n’est pas titulaire.
Dans certaines situations, notamment lorsqu’un pharmacien facture des prestations à des officines, l’Ordre peut demander des éléments justificatifs permettant de comprendre la nature de l’exercice professionnel.
Il reste néanmoins essentiel de respecter le cadre réglementaire global et de rester vigilant face aux contrôles éventuels des organismes sociaux, notamment en matière de travail dissimulé ou de salariat déguisé.
Le statut de micro-entrepreneur peut séduire par sa simplicité et sa flexibilité, mais il doit être envisagé avec prudence dans le secteur officinal. Si certaines activités périphériques peuvent s’y prêter, l’exercice pharmaceutique réglementé demeure largement incompatible avec une organisation indépendante.
Que l’on soit pharmacien, préparateur ou titulaire d’officine, une analyse précise du projet et du cadre légal reste indispensable avant de se lancer dans ce type de collaboration.
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